Une chute de cheveux a presque toujours une cause identifiable. Les plus fréquentes sont l’alopécie androgénétique, d’origine génétique et hormonale, et l’effluvium télogène, une chute temporaire qui survient quelques mois après un accouchement, une maladie, un stress important ou une perte de poids. Viennent ensuite les carences (fer en particulier), les troubles de la thyroïde, certains médicaments, la pelade et les coiffures qui tirent sur les cheveux. Le type de chute oriente vers la cause, et la cause détermine le traitement.
Points clés
- Perdre 50 à 100 cheveux par jour est normal.
- L’alopécie androgénétique touche jusqu’à 80 % des hommes et 42 % des femmes d’origine européenne au cours de la vie.
- L’effluvium télogène débute quelques mois après l’événement déclencheur et se résout généralement en 6 à 9 mois.
- Une carence en fer ou en vitamine D est plus fréquente chez les personnes qui perdent leurs cheveux de façon diffuse.
- Il ne faut jamais arrêter un médicament de soi-même parce qu’on le soupçonne de faire tomber les cheveux : il faut en parler au prescripteur.
Combien de cheveux perd-on par jour ?
Perdre entre 50 et 100 cheveux par jour est normal : ce sont des cheveux arrivés au terme de leur cycle et remplacés par de nouveaux (AAD). La chute n’est pas constante tout au long de l’année ; chez la femme, elle connaît des pics saisonniers au printemps et surtout en automne (dermato-info.fr). Une chute nettement plus abondante pendant plusieurs semaines, une raie qui s’élargit, des golfes qui se creusent ou des plaques sans cheveux justifient de rechercher une cause.
Les causes de la chute de cheveux selon le type de perte
| Type de perte | À quoi elle ressemble | Cause principale | Évolution |
|---|---|---|---|
| Alopécie androgénétique | Golfes et sommet du crâne chez l’homme, raie qui s’élargit chez la femme | Génétique et hormones (androgènes) | Progressive, ne régresse pas seule |
| Effluvium télogène | Chute diffuse et soudaine, sur toute la tête | Accouchement, fièvre, chirurgie, stress, perte de poids, carence | Temporaire, récupération en 6 à 9 mois |
| Pelade | Plaques rondes sans cheveux | Maladie auto-immune | Variable, repousse possible |
| Alopécie de traction | Recul sur les tempes ou la ligne frontale | Coiffures serrées répétées | Peut devenir définitive |
| Alopécie cicatricielle | Zones lisses, parfois rouges ou douloureuses | Inflammation qui détruit le follicule | Définitive, avis dermatologique rapide |
Alopécie androgénétique : la cause la plus fréquente
L’alopécie androgénétique est la forme la plus courante de chute de cheveux chez l’homme comme chez la femme. Selon la recommandation européenne de niveau S3, elle touche jusqu’à 80 % des hommes et 42 % des femmes d’origine européenne, et sa fréquence augmente avec l’âge (Kanti et al., 2018). Les follicules génétiquement sensibles aux androgènes se miniaturisent : à chaque cycle, le cheveu devient plus fin et plus court. Chez l’homme, la perte dessine des golfes et un éclaircissement du sommet ; chez la femme, elle prend la forme d’une raie qui s’élargit, sans recul de la ligne frontale.
Effluvium télogène : la chute temporaire après un choc
L’effluvium télogène est une chute diffuse qui survient quelques mois après un événement déclencheur : fièvre élevée, accouchement, intervention chirurgicale, stress important ou perte de poids rapide. Une fois le déclencheur passé, la chute s’arrête et les cheveux retrouvent généralement leur densité en 6 à 9 mois (AAD). Après un accouchement, la chute peut commencer dès la sixième semaine, ou plus tard en cas d’allaitement (dermato-info.fr). L’arrêt de certaines pilules contraceptives peut aussi provoquer un déséquilibre hormonal transitoire et une chute (AAD).
Carences : fer, vitamine D et autres nutriments
Une méta-analyse de 29 études a montré que les personnes atteintes d’effluvium télogène avaient des taux de ferritine (réserves en fer) et de vitamine D significativement plus bas que les témoins (Ahmed et al., 2026). Le manque de fer est particulièrement fréquent chez la femme (dermato-info.fr). Des apports insuffisants en protéines, en zinc ou en biotine peuvent également favoriser la chute ; à l’inverse, un excès de vitamine A ou de sélénium est toxique et peut lui aussi faire tomber les cheveux (AAD). C’est pourquoi une supplémentation se discute après un bilan, et non à l’aveugle.
Thyroïde et déséquilibres hormonaux
Une thyroïde qui fonctionne trop ou pas assez peut entraîner un affinement diffus des cheveux (dermato-info.fr). Chez la femme, un excès d’hormones masculines, par exemple dans le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), est une autre cause fréquente (AAD).
Médicaments
Certains médicaments peuvent provoquer une chute de cheveux : certaines pilules contraceptives, les traitements à base d’androgènes, les stéroïdes anabolisants et certains médicaments de l’épilepsie ou de l’hypertension (dermato-info.fr). La chimiothérapie et la radiothérapie de la tête peuvent entraîner la perte de la totalité ou de la plupart des cheveux (AAD). Un traitement ne doit jamais être arrêté sans en parler au médecin qui l’a prescrit.
Pelade
La pelade est une maladie auto-immune : le système immunitaire s’attaque aux follicules, ce qui provoque des plaques rondes sans cheveux, parfois sur les sourcils ou la barbe. Une méta-analyse de 94 études estime qu’elle touche environ 2 % de la population mondiale (Lee et al., 2020). Les cheveux peuvent repousser, et des traitements existent pour les formes étendues ; le suivi relève du dermatologue.
Coiffures, soins et alopécie de traction
Des coiffures qui tirent en permanence sur les cheveux (tresses, queues de cheval serrées, extensions) peuvent provoquer une alopécie de traction, qui risque de devenir définitive si la traction se prolonge. Les colorations, permanentes et défrisages répétés peuvent aussi abîmer les follicules (AAD).
Infections et alopécies cicatricielles
Une teigne (infection fongique du cuir chevelu) provoque des zones squameuses et inflammatoires ; les cheveux repoussent généralement une fois l’infection traitée. Une syphilis non traitée peut aussi entraîner une chute en plaques. Dans les alopécies cicatricielles, l’inflammation détruit le follicule et la perte est définitive (AAD). Une perte de cheveux accompagnée de rougeurs, de douleurs ou de cicatrices doit être examinée rapidement par un dermatologue.
Quand consulter, et quels examens ?
Toute chute de cheveux qui sort de la normale justifie une consultation chez un dermatologue (dermato-info.fr). L’examen comprend généralement l’observation du cuir chevelu au dermatoscope, un test de traction (tirer doucement sur une mèche pour compter les cheveux qui se détachent) et parfois des photographies standardisées ou un trichogramme. Chez la femme qui perd ses cheveux de façon diffuse, le médecin recherche notamment un trouble de la thyroïde et une carence en fer (dermato-info.fr).
Et ensuite : que faire selon la cause ?
Le traitement dépend directement de la cause. Une carence se corrige sous contrôle médical ; un effluvium télogène se résout le plus souvent spontanément une fois le déclencheur identifié. Pour l’alopécie androgénétique, les deux médicaments les mieux étudiés sont le minoxidil en application locale, chez l’homme comme chez la femme, et le finastéride 1 mg, réservé à l’homme (Adil et Godwin, 2017). En 2025, l’Agence européenne des médicaments a confirmé que les comprimés de finastéride peuvent provoquer des idées suicidaires ; une carte patient est ajoutée aux boîtes de 1 mg, et toute modification de l’humeur impose d’arrêter le traitement et de consulter (EMA). La pelade et les alopécies cicatricielles relèvent d’un suivi dermatologique spécifique.
Chute de cheveux : l’approche de Hair of Istanbul
Chez Hair of Istanbul, l’évaluation commence par l’identification du type de chute. Le cuir chevelu est examiné au trichoscope pour mesurer les différences de diamètre des cheveux, la répartition de l’éclaircissement et l’état de la zone donneuse.
En cas d’alopécie androgénétique, un traitement médical est envisagé en premier ; les traitements sur ordonnance sont décidés par un médecin, au cas par cas. Lorsque la perte est définitive et que la zone donneuse le permet, une greffe de cheveux peut être discutée ; le résultat final s’évalue en général après 12 à 18 mois. L’ensemble de nos traitements est présenté sur notre page Traitements.
Questions fréquentes
Quelle carence provoque une chute de cheveux ?
La carence en fer est la plus souvent en cause, surtout chez la femme ; un taux bas de vitamine D est également fréquent en cas de chute diffuse. Des apports insuffisants en protéines ou en zinc peuvent aussi jouer un rôle. Un bilan sanguin permet de vérifier avant toute supplémentation.
Le stress peut-il faire tomber les cheveux ?
Oui. Un stress physique ou psychologique important peut déclencher un effluvium télogène quelques mois plus tard. La chute est généralement temporaire et les cheveux retrouvent leur densité en 6 à 9 mois.
La chute de cheveux est-elle réversible ?
Cela dépend de la cause. L’effluvium télogène et la plupart des carences sont réversibles. L’alopécie androgénétique ne régresse pas seule, mais un traitement peut la freiner ; les alopécies cicatricielles, elles, sont définitives.
Pourquoi perd-on plus de cheveux en automne ?
La chute suit un rythme saisonnier, avec des pics au printemps et surtout en automne. Cette hausse est passagère ; si elle dure plusieurs mois ou s’accompagne d’un éclaircissement visible, il faut en rechercher la cause.
Quel médecin consulter pour une chute de cheveux ?
Le médecin traitant peut prescrire un premier bilan sanguin, mais le spécialiste des cheveux et du cuir chevelu est le dermatologue. Une chute brutale, en plaques ou accompagnée de rougeurs, de douleurs ou de cicatrices doit être examinée rapidement.
Sources
- American Academy of Dermatology. Do you have hair loss or hair shedding?
- American Academy of Dermatology. Hair loss: Who gets and causes.
- dermato-info.fr. Fiche patient « Alopécie » (2019).
- Kanti V et al. Evidence-based (S3) guideline for the treatment of androgenetic alopecia in women and in men – short version. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2018;32(1):11-22. doi:10.1111/jdv.14624
- Ahmed A et al. Skin Appendage Disord. 2026. doi:10.1159/000550921
- Lee HH et al. Epidemiology of alopecia areata, ophiasis, totalis, and universalis: a systematic review and meta-analysis. J Am Acad Dermatol. 2020;82(3):675-682. doi:10.1016/j.jaad.2019.08.032
- Adil A, Godwin M. The effectiveness of treatments for androgenetic alopecia: a systematic review and meta-analysis. J Am Acad Dermatol. 2017;77(1):136-141. doi:10.1016/j.jaad.2017.02.054
- European Medicines Agency. Finasteride- and dutasteride-containing medicinal products – measures to minimise the risk of suicidal thoughts (Article 31 referral, 2025).
Relecture médicale : Dr Mahmut Satekin, médecin esthétique, Hair of Istanbul. Dernière relecture : 23 octobre 2026.
Cet article est fourni à titre d’information générale et ne remplace pas un diagnostic ni un traitement médical. Tout traitement médicamenteux débute après une évaluation par un médecin.





















